Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

La bibliothèque de Victor Schœlcher à la BnF : reflet d’un siècle d’humanisme

Portrait de V. Schoelcher (détail), Henri Decaisne, 1832, huile sur toile (Mairie de Fessenheim).
Portrait de V. Schoelcher (détail), Henri Decaisne, 1832, huile sur toile (Mairie de Fessenheim).

Victor Schœlcher est une figure incontournable du XIXe siècle. Célèbre pour avoir activement participé à l’élaboration du décret d’avril 1848 qui met fin à l’esclavage dans les colonies françaises, il est aussi un acteur politique important : révolutionnaire et républicain, proscrit sous le Second Empire puis sénateur sous la IIIe République. Pendant tout le premier XIXe siècle, il voyage dans les colonies françaises et à Cuba, où il est témoin des violences de l’esclavage. Dès lors, dans le contexte de l’abolition dans les colonies britanniques (en 1833), il écrit, milite et s’organise pour abolir l’esclavage dans les territoires français. Toutefois, ce n’est pas la seule lutte politique de Schœlcher. Il est humaniste et universaliste, c’est-à-dire qu’il tient l’homme pour la valeur suprême et qu’il revendique le droit de tous les Hommes à être libres. Il agit ainsi en faveur des peuples européens opprimés par le joug des monarchies, il combat la peine de mort et les châtiments corporels dans les bagnes. À la fin de sa vie, il réalise plusieurs dons en France et en Martinique, dont un don de 1776 imprimés aujourd’hui dispersés dans plusieurs départements de la BnF1. Les ouvrages et les notes contenus dans cette collection nous permettent de mieux comprendre Victor Schœlcher et mettent en lumière des centres d’intérêts souvent laissés de côté par l’historiographie. C’est notamment le cas des ouvrages théologiques (catholiques et non catholiques) qui soulignent l’intérêt que portait Schœlcher aux dogmes et aux principes chrétiens.

Une vie d’humanisme et de luttes

Victor Schœlcher nait le 22 juillet 1804 à Paris. Il est le second enfant d’une famille catholique bourgeoise d’Alsace ayant prospéré par la fabrication de porcelaine. C’est grâce à l’entreprise familiale qu’il voyage, dès 1830, à Cuba. Sur place, il est témoin des violences engendrées par l’esclavage : son abolitionnisme naît ici. À cette même période, il se tourne vers le journalisme et la franc-maçonnerie, devenant membre de la loge Les Amis de la Vérité. C’est au sein de ces cadres intellectuels et militants que Schœlcher forge son identité politique : il est républicain, abolitionniste et révolutionnaire. Il publie dès 1830 un article intitulé « Les Noirs2 » dans lequel il explique comment l’esclavage avilit les Hommes et brise la dignité de l’individu. Il écrit en ce sens : « Voilà la vie d’esclave, froide, machinale, abrutissante, vile, monotone, sans passé pour réfléchir, sans avenir pour rêver, n’ayant que le présent toujours armé d’un fouet ignominieux3 ». Toutefois, il ne revendique pas directement l’abolition de l’esclavage car, selon lui, le principal obstacle est « l’état moral de nos protégés [les esclaves]4 ». Les esclaves sont encore trop avilis par la domination des colons pour accéder à la citoyenneté sans risquer d’introduire dans la société « des mendiants et des prolétaires », selon son mot. Pour Schœlcher, c’est l’abolition de la traite qui doit primer, l’abolition de l’esclavage, elle, se fera « à une époque déterminée, quinze ans, vingt ans si l’on veut5 ». À la suite de cette première intervention, il embrasse pleinement le métier de journaliste et, à la mort de son père en 1832, revend la manufacture familiale.

Dans le contexte de l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques en 1833, il publie son ouvrage De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale. Il y réaffirme avec force que l’homme noir et l’homme blanc sont parfaitement égaux et sont tous deux détenteurs d’une dignité humaine inaliénable. Cet ouvrage va plus loin que son précédent article puisqu’il appelle à une révolution des opprimés qui n’ont « jamais rien obtenu des oppresseurs que par la force6 », révolution qui permettrait de refondre complètement la législation coloniale en y supprimant l’esclavage. Schœlcher est encore fortement influencé par les mouvements abolitionnistes de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle qui envisageaient la colonisation sans esclavage. Il ne manque d’ailleurs pas d’attaquer ceux qui prétendent « bouleverser le monde7 » en réclamant l’abolition immédiate et l’indépendance des colonies. Il perçoit que son opinion n’est pas majoritaire dans le débat public, et encore moins chez les colons qui ont intérêt à maintenir leur domination sur les territoires. Schœlcher s’inscrit ainsi dans le mouvement abolitionniste « gradualiste », qui vise à accorder, par étapes, la liberté aux esclaves. C’est un mouvement très influent au début du XIXe siècle, ce qui explique le rattachement de Schœlcher à ses principes. Toutefois, de retour des Antilles en 1842, il publie un nouvel ouvrage : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage. Il rejoint ainsi le courant des « immédiatistes » qui sont partisans d’une abolition immédiate de l’esclavage pour des raisons morales et humanistes. Il fixe les axes de son combat dès les premières pages de son ouvrage : « Émancipation des noirs, tel est notre premier vœu. Prospérité des colonies, tel est notre second vœu. Nous demandons l’un au nom de l’humanité, l’autre au nom de la nationalité, toutes deux au nom de la justice8 ». Ce passage appelle deux commentaires. Premièrement Schœlcher abandonne précocement le terme « nègre » qu’il sait péjoratif et fortement marqué par l’oppression (il s’en sert de façon résiduelle pour qualifier les esclaves). Deuxièmement, Schœlcher mentionne l’humanité comme motif premier de l’émancipation des noirs. Cette notion d’humanité, avilie par l’esclavage, ne cesse d’être invoquée par l’auteur afin de donner de la force à son propos. Il est aussi intéressant de noter que Schœlcher ne fonde, a priori, son abolitionnisme sur aucun argument religieux. Il se distingue ici des mouvements antérieurs, notamment celui de l’abbé Grégoire qui faisait de la conversion au christianisme une condition essentielle à l’abolition.

Au moment où éclate la Révolution de 1848, Schœlcher fait partie des républicains radicaux. Il a conscience que le moment est propice à l’abolition de l’esclavage. Il est ainsi nommé sous-secrétaire d’État à la Marine et aux colonies le 24 février. Aussitôt, une commission d’abolition de l’esclavage est formée et Schœlcher la préside. Il s’entoure d’abolitionnistes convaincus : Armand Mestro (directeur aux colonies), Auguste-François Perrinon (officier de Marine), Adolphe Ambroise Alexandre Gatine (avocat) et Charles Jean-Baptiste Gaumont (ouvrier). Ensemble, et sous l’égide intellectuelle de Schœlcher, ils rédigent le décret d’abolition du 27 avril 1848, qui est immédiatement signé par le Gouvernement provisoire. L’influence de Schœlcher est sensible dès le préambule « Le Gouvernement provisoire, [considère] que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu’en détruisant le libre arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu’il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté – Égalité – Fraternité9 ».

Dès lors, Victor Schœlcher acquiert une certaine notoriété qui lui permet d’être élu député de la Martinique (août 1848-mai 1849), puis de la Guadeloupe (juin 1849-décembre 1851). Il siège à l’extrême gauche, dans le groupe de la Montagne, et profite de ses mandats pour entamer de nouvelles luttes. Il se prononce en faveur de l’abolition de la peine de mort en matière criminelle et politique. Fervent républicain, il considère qu’il appartient à son camp de « compléter son œuvre glorieuse [la Révolution de 1848] et de donner ce nouveau témoignage de leur amour et de leur respect pour l’humanité. C’est pourquoi [..] nous avons l’honneur de soumettre […] une proposition pour l’abolition pure et simple de la peine de mort10 ». Encore une fois, l’humanité est invoquée comme fil directeur des combats de Schœlcher.

Il se distingue aussi par un républicanisme fort et universel. Dans une lettre retrouvée reliée dans un ouvrage donné par Schœlcher à la Bibliothèque Nationale, et rédigée par son ami Jean-Baptiste Bole en 1848, on prend connaissance de l’ampleur de ses combats. Bole et Schœlcher échangent autour d’un idéal républicain universel :

Pourquoi n’a-t-on pas confiance dans la République ? C’est d’abord qu’on n’a rien fait de grand pour la cimenter. On a laissé Radetzky vaincre et renverser le principe démocratique en Italie et en Allemagne ; et pendant qu’on s’avançait en France à planter partout des arbres de la liberté, Radetzky restaurait et raffermissait la Monarchie dans les parties les plus ébranlées de l’empire Autrichien ; il rivait, par des victoires, devant nous l’arme au bras, les fers que nous avions solennellement et diplomatiquement promis de briser !!!11

C’est dans cette même lettre que nous comprenons que la pensée des abolitionnistes français ne se limite pas à l’esclavage :

Quant à l’indépendance immédiate des colonies, on ne l’obtiendra pas, à moins d’une révolution nouvelle, mais on peut la faire entrer graduellement dans le droit commun 12.

Lettre manuscrite de Bole envoyée à Schoelcher retrouvée à la fin de l'ouvrage FOL-LN27-34328.
Lettre manuscrite de Bole envoyée à Schœlcher retrouvée à la fin de l’ouvrage Fol-Ln27-34328.

L’indépendance des colonies est ainsi envisagée dans le cadre du républicanisme universel, la République ne saurait avoir un empire colonial, et donc de sujets privés de citoyenneté. Toutefois, l’indépendance n’est pas un projet à mener à bien dans l’immédiat. Schœlcher est partisan d’un colonialisme sans esclavage qui permettrait à la France de préparer l’indépendance par le vote et l’instruction, il précise ainsi ce qu’il entendait par « une époque déterminée » dans son article de 1830.

Toutes les luttes de Schœlcher sont cependant mises à mal par le coup d’État du 2 décembre 1851. Il voit cet événement comme un assassinat pur et simple de la jeune République. Refusant de reconnaître la légitimité de Louis-Napoléon Bonaparte et présent sur les barricades, il fuit vers l’Angleterre. Il reste actif dans les réseaux abolitionnistes et se tient informé ; il est possible de supposer qu’il est abonné au journal britannique The Anti-Slavery Advocate13 qui relate les débats internationaux sur la question de l’esclavage, car on retrouve sur les exemplaires appartenant à l’ensemble qu’il a donné à la BN des timbres de livraison ainsi que son nom écrit à la plume. L’ensemble du don de Schoelcher laisse apparaître des engagements politiques forts : lettres, discours, pamphlets, manifestes… avec comme ligne directrice la dénonciation de Napoléon III et la défense de la République. Dans son Histoire des crimes du 2 décembre, il dénonce « par quelles fourberies, quelles corruptions, quelles violences et quelles cruautés la conjuration militaire a pu réussir14 ». L’exil est aussi l’occasion pour Schœlcher de se consacrer à une passion : la musique baroque, et plus précisément Haendel. Schœlcher parvient à constituer une collection importante de partitions, de manuscrits et d’ouvrages relatifs à ce compositeur. Il rédige également une biographie, en anglais15. L’ensemble des documents est aujourd’hui conservé au département de la Musique de la BnF après un don réalisé en 1873.

À l’annonce de la défaite de Sedan, Schœlcher rentre en France. En 1875, il est élu sénateur inamovible. Dans ses nouvelles fonctions, continue de défendre la dignité humaine. Il propose ainsi en 1877 de mettre fin à la pratique des bastonnades dans les bagnes. Cette proposition de loi est refusée par la commission d’initiatives, mais souligne l’humanisme constant dont fait preuve Schœlcher.

À la fin de sa vie, Schœlcher est célibataire et sans enfant. Il organise donc plusieurs dons, répartis entre la France, la Guadeloupe et la Martinique. La majorité de ses ouvrages imprimés fait l’objet de plusieurs dons à la Bibliothèque Nationale entre 1883 et 1884. Les documents réunis sur Haendel sont donnés au Conservatoire en 1873. Il fait don de plusieurs collections d’objets : l’une à la Guadeloupe en 1884 (des bronzes et des plâtres) et l’autre au Muséum d’Histoire naturelle de Paris en 1884. Ses lettres et documents manuscrits sont, quant à eux, donnés à la bibliothèque de Martinique. Enfin, sa correspondance mentionne quelques petits dons à la bibliothèque municipale du 9e arrondissement de Paris et à celle de Saint-Yrieix (Haute-Nièvre) en 188316.

Victor Schœlcher meurt le 25 décembre 1893, à Houilles. Après une cérémonie civile, son corps est transféré au cimetière du Père-Lachaise où il partage une tombe avec son père, Marc Schœlcher. En 1949, l’Assemblée nationale décide de déplacer les deux corps au Panthéon. Au même moment, les restes de Félix Éboué y font leur entrée : il s’agit du premier homme noir à être enterré au Panthéon. L’influence de Schœlcher reste forte après sa mort. Son image est abondamment utilisée par la IIIe République afin de servir un récit paternaliste et d’occulter les luttes politiques des Noirs qui ont conduit à l’application concrète du décret d’abolition de 1848 (notamment la révolte en Martinique le 22 mai 1848).

Les imprimés de Schœlcher à la BnF aujourd’hui

La chronologie des dons de Victor Schœlcher à la BN n’est pas évidente à retracer. Si les ouvrages sont facilement identifiables grâce à l’estampille « don Schœlcher », les archives sont moins claires sur la temporalité. Nous disposons d’une date limite à laquelle le catalogue des ouvrages donnés est envoyé à Schœlcher : le 27 octobre 188417. Le registre des dons du département des Imprimés mentionne, quant à lui, deux dons venant de Schœlcher : le 8 juillet 1884 pour seize titres, essentiellement des périodiques18, et le second le 10 décembre 1884 pour cinq titres19. A priori, la prise de contact entre la BN et Schœlcher date de juin 1883 puisque le registre des lettres envoyées mentionne : « M. Schœlcher. Lettre concernant les volumes de sa bibliothèque qui manquent à la BN20 ». Dès décembre 1883, le ministre de l’instruction publique autorise un autre don de Schœlcher21. Le don réalisé le 10 décembre 1884 et mentionné ci-dessus se situe donc hors des bornes chronologiques établies, puisque le catalogue est complété et envoyé un mois avant. Il pourrait s’agir de livres complémentaires. Ainsi, l’entrée des ouvrages de Schœlcher dans les collections de la BN semble s’être faite en plusieurs fois (au moins trois dons) et repose sur une correspondance abondante qui est en grande partie conservée en Martinique.

Les ouvrages donnés par Schœlcher font l’objet d’un catalogue qui comprend 1776 titres. Sur cet ensemble, 914 sont au département Philosophie, histoire, sciences de l’homme (soit 51,5 % du total), 638 sont à la Réserve des livres rares, 104 au département Droit, économie, politique, 73 au département Littérature et art, 45 au départements Sciences et techniques et 2 au département de la Musique. Sur les 914 ouvrages présents à PHS, nous pouvons noter une forte concentration dans les lettrages historiques : 141 Lb (histoire de France par règnes), 42 Lk (histoire de France locale), 21 Ln (biographies), 172 N (histoire de la Grande-Bretagne), 40 P (histoire de l’Amérique), 45 O (histoire de l’Espagne et de ses colonies) et 25 K (histoire de l’Italie). La seconde masse d’ouvrages est celle des lettrages théologiques, c’est-à-dire A, B, D et D2 avec 132 titres. Dans cet ensemble, le D2 (théologie non catholique) est le plus abondamment annoté par Schœlcher car 46 ouvrages sur 113 comportent des notes manuscrites prises au crayon ou à la plume.

La composition de la bibliothèque de Schœlcher confirme évidemment son goût pour l’histoire des colonies et pour la question abolitionniste. Toutefois, elle fait aussi apparaître ses engagements d’homme politique, les appels à l’insurrection et les manifestes. Sans mettre en avant un attachement à un quelconque mouvement ouvrier ou socialiste, ces ouvrages soulignent une nouvelle fois son engagement républicain et révolutionnaire. De plus, la somme des ouvrages de théologie non catholique (du lettrage D2) est intéressante car elle révèle un net intérêt pour les questions cultuelles et religieuses.

D’un point de vue matériel, les vérifications des ouvrages conservés à PHS laissent entrevoir une bibliothèque de travail plus qu’une collection de bibliophile. On ne retrouve dans l’ensemble PHS que très peu de reliures d’éditeurs et aucune reliure à ses armes. Dans leur très grande majorité, les ouvrages sont reliés modestement avec de la percaline. On retrouve également une très grande quantité de cartonnages réalisés par la BN ce qui suggère qu’à leur arrivée, les ouvrages n’étaient pas reliés ou avaient une reliure d’attente. La bibliothèque de Schœlcher est donc avant tout une bibliothèque de travail qui s’est construite au fil des acquisitions de périodiques, de feuilles volantes, de pamphlets, de courts textes politiques…

Enfin, certaines « curiosités » essaiment le catalogue : des guides touristiques, des traités sur les relations femmes/hommes, un ouvrage L’art de rendre les femmes fidèles (malheureusement sans notes manuscrites) et une note qualifiant le journaliste anarchiste Ernest Coeurderoy de « fou à lier22 »…

Note manuscrite de Schoelcher « fou à lier » dans le 8-Lb56-3249, BnF, PHS.
Note manuscrite de Schœlcher « fou à lier » (BnF, 8-Lb56-3249).

Une très grande partie de ses livres semblent avoir été acquis lors de son exil en Angleterre. De fait, le catalogue est composé d’environ 65 % de livres en anglais. Le reste est en grande partie en français (environ 30 %). Une dizaine d’ouvrages est en italien et cinq sont en espagnol. D’autres éléments permettent d’établir la provenance de certains ouvrages avant qu’ils n’entrent dans la collection de Victor Schœlcher : des envois manuscrits signés, des marques de libraires ou de relieurs, des ex-libris d’anciens propriétaires et des timbres de livraison pour certains périodiques (notamment pour The Anti-Slavery Advocate). Ces marques permettent de supposer que sa bibliothèque s’est aussi construite à partir de rachats de livres d’occasion (notamment les envois adressés à d’autres personnes). Schœlcher a donc fait don d’une collection riche et qui, en exploitant toutes les traces de provenances, permettrait de reconstituer le réseau abolitionniste qui gravitait autour de lui.

Envoi manuscrit signé à Victor Schoelcher
Envoi manuscrit à Victor Schœlcher (BnF, 4-Lk9-758 (1)).
Un ex-libris et un envoi
Un ex-libris et un envoi (BnF, 8-Lk11-292).
Marque de libraire anglais
Marque de libraire anglais (BnF, 8-Lb56-298).
Timbre de livraison
Timbre de livraison sur le numéro 30 de The Anti-Slavery Advocate (BnF, 4-Nd-288).

« Je suis athée ! » : la vie religieuse de Schœlcher à la lumière des ouvrages de la BnF

La BnF est l’héritière d’une cotation datant du XVIIe siècle dite « cotation Clément ». Dans ce système, qui reflète les opinions religieuses de l’époque, la cote A correspond à la Bible, la cote B à la liturgie, la cote C aux pères de l’Église, la cote D à la théologie catholique et la cote D2 aux théologies non catholiques. Il est donc étonnant de retrouver, dans le don de Schœlcher, une concentration d’ouvrages dans ce lettrage D2.

De fait, le trajet spirituel de Schœlcher est assez représentatif du XIXe siècle : il est baptisé peu après sa naissance et grandit dans une famille catholique. Toutefois, son exil en Angleterre le fait entrer en contact avec d’autres conceptions religieuses (anglicanes, calvinistes, congrégationalistes…). Nous ne connaissons pas de goût particulier de Schœlcher pour les débats théologiques mais le chantier de vérifications partielles des exemplaires issus de ses dons a révélé une masse de notes manuscrites inédites dans lesquelles Schœlcher donne son avis, s’indigne, raille les auteurs, se moque des dogmes et des récits chrétiens…

Le travail de vérification manuelle des ouvrages a permis d’attribuer progressivement les notes qui s’y trouvaient et d’y voir la main de Victor Schœlcher. Ces notes sont majoritairement prises au crayon et à la plume. Il peut s’agir d’un simple mot voire de phrases entières, recouvrant toutes les marges. Il écrit le plus souvent en anglais lorsque le livre est en anglais, et en français quand le livre est écrit en français. Il ressort des notes manuscrites qu’il se positionne sur des débats complexes, très actuels et sur des questions auxquelles l’Église de Rome n’a pas apporté de réponse avant le XXe siècle. C’est le cas pour le baptême des enfants, l’origine du monde ou encore la (double) prédestination.

Ces notes nous permettent de questionner le rapport de Schœlcher à la religion et laissent supposer qu’il pourrait être athée. En effet, bien que baptisé, il meurt sans préparation aux fins dernières et demande à être incinéré, pratique condamnée par l’Église catholique23. De plus, en 1882, il fait scandale au Sénat en déclarant « Je suis athée ! […] J’ai cherché Dieu, sincèrement, gravement : je ne l’ai pas trouvé24 ». Si cette prise de parole est évidemment politique et provocatrice, il y a lieu de croire que l’essentiel est vrai, car cette quête de Dieu est visible dans les ouvrages annotés.

Le prisme humaniste se retrouve pleinement dans les remarques de Schœlcher. Il est fermement opposé à l’idée que Dieu puisse prédestiner les Hommes soit au salut, soit à la damnation. Il lui est insupportable de voir des Hommes condamnés avant même qu’ils ne soient venus au monde. Dans l’ouvrage The doctrine of predestination unto life, il critique cette doctrine pour deux raisons : elle rend la prière inutile (et ne laisse donc aucun espoir) et elle avilit les Hommes qui sont essentialisés en tant que damnés. Au crayon, il écrit :

Les élus sont élus de toute éternité, il est absurde de prier Dieu qu’il vous accorde le salut. Vous l’aurez si vous êtes un des élus, si vous ne l’êtes pas, vous ne l’aurez pas. Vos prières ne peuvent modifier un jugement scellé avant la création du monde25.

Schœlcher est donc en conflit direct avec cette doctrine qui va à l’encontre de ses valeurs humanistes. Il semble qu’il reconnait dans cette double prédestination un mécanisme semblable à celui de l’esclavage : des Hommes déclarés damnés/esclaves de toute éternité sans possibilité de se libérer. La liberté, droit fondamental et naturel de tous les Hommes, ne saurait être contrariée par un Dieu présenté comme bon et salvateur.

Dans son ouvrage La famille, la propriété et le christianisme26 il écrit d’ailleurs : « l’Église, [qui] ne s’est jamais fait scrupule de posséder des esclaves, [qui] a partout et toujours sanctionné l’esclavage […] Et certaines gens […] répètent que c’est au christianisme qu’on doit l’abolition de l’esclavage !27 ».

Schœlcher ne cesse de pointer du doigt cette incohérence. Il utilise d’ailleurs souvent le terme « absurde » (en français et en anglais) lorsqu’il s’intéresse aux dogmes. Il est particulièrement opposé aux auteurs calvinistes qui se refusent à articuler libre arbitre et prédestination. Dans le même ouvrage cité plus haut, il griffonne « comment !!28 » dans la marge d’un paragraphe où l’auteur refuse d’expliquer comment les deux notions peuvent coexister. Pour Schœlcher, il est absurde de prétendre que les Hommes sont libres quand Dieu a choisi d’avance leur sort. On comprend cette opposition lorsqu’il écrit deux fois de suite, frénétiquement, « à qui la faute ? » en marge d’un paragraphe expliquant que les Hommes sont tous disposés au péché29. Schœlcher n’est peut -être pas fondamentalement opposé à Dieu, mais il ne peut accepter que Dieu ait fait les Hommes pécheurs consciemment et uniquement pour les punir.

Note manuscrite de Schoelcher « À qui la faute ? » dans le D2-14766
Note manuscrite de Schœlcher « À qui la faute ? » (BnF, D2-14766).

Dans un autre domaine, il se montre particulièrement critique du récit chrétien de la création du monde. Celui-ci est relaté par James Grant, un auteur calviniste, dans son ouvrage The Foes of our fate and how to defeat them. En marge du paragraphe expliquant que Dieu a créé le monde en six jours, il conteste l’idée qu’il faille du temps à Dieu pour créer (alors qu’il est tout puissant) et il trouve absurde que Dieu ait besoin de se reposer le septième jour. James Grant explique que le mot « jour » renvoie à une réalité différente pour les Hommes et pour Dieu. Toutefois, pour Schœlcher, le récit n’est pas cohérent et relève d’un tour maladroit pour expliquer les erreurs de la Bible qui commencent à être citées au XIXe siècle (notamment avec les découvertes archéologiques d’ossements de dinosaures qui mettent à mal le récit de la Genèse). Dans ce même ouvrage, il souligne systématiquement les verbes conjugués au conditionnel et note dans une marge « c’est toujours : ils devraient !30 ». Il apparaît en désaccord avec une doctrine prétendue vraie et absolue, mais qui a recours à une grammaire de supposition. Il n’hésite pas à railler l’auteur lorsque celui-ci propose des explications aventureuses. Ainsi, en marge d’un paragraphe sur la Providence et le peuplement de la Terre par l’inceste entre les enfants d’Adam et Eve, il écrit au crayon :

Que peux-tu connaître, toi misérable atome, du but de la Providence ? Et comment, pauvre homme que tu es, oses-tu supposer que la volonté manifeste de Dieu fut de peupler la terre par l’inceste ? Avec seulement Adam et Eve pour des générations d’Hommes, admets que leurs fils ont épousé leurs filles !31

Le ton sarcastique de cette note dévoile en réalité le rapport de Schœlcher au christianisme : il ne croit pas au récit primitif chrétien car il y voit trop d’incohérences et d’immoralité. Il adopte d’ailleurs la même posture dans deux notes retrouvées dansLectures on the Scriputres revelation respecting godd and evil angels. À la page 102, il écrit : « Quand le texte leur convient, ils l’acceptent littéralement mais quand ça n’est pas le cas, ils disent que c’est au sens figuré ! Regarde ce qu’il dit page 14732 ». Et à la page 147 : « C’est en contradiction avec ce qu’il dit page 10233 ». Ces notes laissent suggérer que Schœlcher lisait activement les ouvrages théologiques. De plus, il peut s’agir de notes pour une lecture partagée dans lesquelles il fait part à un autre lecteur de ses idées (notamment avec le « see page 102 »). Ce n’est toutefois qu’une supposition car l’ouvrage n’est pas annoté d’une autre main.

Les Églises institutionnelles font également l’objet de critiques. Dans l’ouvrage Innovations, il attaque l’Église anglicane dans ces termes :

Les arguments de ce pamphlet admirablement bien écrit sont irréfutables, l’auteur a prouvé qu’il a raison et que ce qui est appelé Église d’Angleterre a été fondée par des démons, des voleurs, des tyrans, des menteurs, des hypocrites et qu’elle est l’exact inverse d’une bonne religion34.

Ici encore, rien n’indique que Schœlcher n’ait pas de croyances personnelles mais il semble clair qu’il ne se rattache à aucune Église institutionnelle. Plus encore, le sens chrétien donné à la divinité ne lui correspond pas. S’il croit en dieu, ça n’est certainement pas celui de la Bible comme l’indique une note : « Très bien, mais où est la bonté de votre dieu ?35 ». L’emploi du mot « your » est intéressant car il montre la façon dont Schœlcher met de la distance entre ses potentielles croyances et les conceptions chrétiennes exposées dans la Bible.

La critique du texte biblique occupe d’ailleurs une place importante dans les écrits de Schœlcher à la fin de sa vie. C’est sans doute l’ouvrage La Famille, la propriété et le christianisme (paru en 1873) qui semble le plus apte à montrer la fracture entre Schœlcher et la religion chrétienne. Une nouvelle fois, ce livre a une portée politique et il faut donc adopter une vision critique. Il apparaît néanmoins que tout le récit originel biblique et toute la morale chrétienne sont désormais insupportables à Schœlcher (il a alors 70 ans). Il rédige ce livre pour répondre aux attaques des « faux dévots [qui] s’acharnent à nous représenter, nous les radicaux, comme des ennemis de la famille et de la propriété36 ». Pour construire sa défense (mais également son attaque), il cite plusieurs passages de la Bible et entend montrer que les véritables ennemies de la famille et de la propriété sont les Saintes Écritures. Pour la famille, il écrit par exemple :

La famille ! Eh ! quel livre offre plus de traits y portant atteinte que l’Évangile ? N’y lit-on pas : « Quiconque aura quitté ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, à cause de mon nom [Jésus], il possédera la vie éternelle » (Math., ch. XIX, v. 29 ; Marc, ch. X, v. 29 ; Luc, ch. XVIII, v.29)37.

Pour la propriété, il écrit :

Jamais le communisme […] n’a été prêché aussi radicalement que par les Pères de l’Église. « Vos richesses […] sont communes à tous aussi bien que la lumière du soleil, que l’air et les productions de la terre… […] C’est être le ravisseur du pauvre que de ne point partager le bien que l’on a […] » (Malech., ch. VIII, v. 10)38.

Enfin, la dernière partie du livre s’attache à critiquer, en lui-même, le texte biblique afin d’en nier la moralité. À propos du récit de Sarah et Abram, il écrit :

Y a-t-il un homme d’honneur et une femme d’honneur au monde qui feraient ce que font ici Abram et Sarah ? Il faut bien l’avouer : si l’historien de la Genèse avait eu le sens moral, s’il avait compris l’abjection de ce qu’il racontait, il ne l’aurait pas raconté39.

À la lumière des ouvrages de Schœlcher et de ses notes manuscrites, il est possible de formuler trois questionnements, qui restent ouverts, quant à sa vie religieuse : il ne se rattache à aucune église puisqu’il semble critiquer toutes les confessions, mais est-il proche de Dieu à sa façon ? Ensuite, à quel point ses valeurs humanistes entrent-elles en collision avec le christianisme et Dieu ? Enfin, s’il semble avoir réellement « cherché Dieu » sans le trouver, est-il pour autant un athée convaincu à la fin de sa vie ? Quoi qu’il en soit, il manifeste un intérêt pour les valeurs humanistes et universalistes plutôt que chrétiennes, comme il le dit au Sénat en 1883 : « Pourquoi alors ne pas accepter le serment de l’athée qui prend à témoin de sa sincérité l’idéal de ses convictions : la recherche du bien, le culte de la vérité, l’amour de l’humanité, le dévouement jusqu’au péril de la vie, aux devoirs de l’homme et du citoyen ?40 ».

Les ouvrages de la bibliothèque de Schœlcher appartenant au lettrage D2 sont encore largement inexploités et ces questionnements peuvent donc être retravaillés et affinés à partir de cette ressource afin de préciser le mieux possible le rapport de Schœlcher à la religion. Sur un ensemble de 113 ouvrages cotés dans le lettrage D2, 46 ouvrages sont annotés. Au-delà de l’échantillonnage proposé dans cet article, une étude systématique et globale de ces notes donnerait sans doute plus de clés pour saisir pleinement les proximités et les oppositions entre sa pensée et le christianisme. Il est d’ailleurs à noter que les réflexions de Schoelcher ne portent pas, du moins dans les collections de PHS, sur le judaïsme ou l’islam. Par ailleurs, de nouveaux gisements de notes pourraient peut-être être identifiés dans des lettrages conservés par d’autres départements.

***

La bibliothèque donnée par Schœlcher à la BN est représentative du XIXe siècle français. Sa vie est marquée par les luttes politiques, par l’exil et par le fragile idéal républicain. S’il est connu pour son combat abolitionniste, cette grande avancée ne doit pas occulter les autres aspects de son œuvre comme son opposition à la peine de mort ou contre les châtiments corporels dans les bagnes. C’est aussi une œuvre marquée par un humanisme constant et fort, qui l’encourage à combattre l’esclavage et tout ce qui fait défaut à la dignité humaine. À la lumière de ses dons à la BN, nous pouvons mettre en exergue les centres d’intérêts (dont certains moins prévisibles que d’autres) de Victor Schœlcher et comprendre les mécanismes intellectuels qui l’ont conduit à s’affirmer comme opposant à Napoléon III, comme abolitionniste, comme révolutionnaire, comme républicain et surtout comme humaniste.

Notes

  1. Fiche CCfr du fonds Victor Schoelcher de la BnF.[]
  2. Victor Schœlcher, « Les Noirs », Revue de Paris, Levavasseur, Paris, 1830 [en ligne].[]
  3. Ibid., p. 72.[]
  4. Ibid., p. 82.[]
  5. Ibid.[]
  6. Victor Schœlcher, De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale, Paulin, Paris, 1833, p. 4 [en ligne].[]
  7. Victor Schœlcher, « Les Noirs », Revue de Paris, Levavasseur, Paris, 1830, p. 82.[]
  8. Victor Schœlcher, Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage, Pagnerre, Paris, 1842, p. 7.[]
  9. Décret du 27 avril 1848 sur l’abolition de l’esclavage, consulté le 22/06/2026.[]
  10. Victor Schœlcher, Abolition de la peine de mort, E. De Soye, Paris, 1851, p. 3-4 [en ligne].[]
  11. Lettre datée du 6 octobre 1848 envoyée par Bole à Schœlcher (BnF, Fol-Ln27-34328).[]
  12. Ibid.[]
  13. The Anti-Slavery Advocate (BnF, 4-Nd-228.[]
  14. Victor Schœlcher, Histoire des crimes du 2 décembre, Bruxelles, 1852, p. 5 [en ligne].[]
  15. Life of Haendel, Trubner, Londres, 1857.[]
  16. Catalogue du fonds Schoelcher, Bibliothèque Schœlcher de Martinique, 025.26 SCH FA [en ligne].[]
  17. Archives modernes 85. Correspondance générale. Lettres envoyées par la BN. Entrée 5668, p. 236.[]
  18. IMPR DON 08, don numéro 39785.[]
  19. IMPR DON 08, don numéro 41148.[]
  20. Archives modernes 85. Correspondance générale. Lettres envoyées par la BN. Entrée 5526, p. 230.[]
  21. Archives modernes 97. Dons. Entrée 20221, p. 72.[]
  22. Ernest Coeurderoy, Trois lettres au journal “l’Homme”, organe de la démagogie française à l’étranger, Londres, J. Thomas, [18??] (BnF, 8-Lb56-3249).[]
  23. Anne Girollet, Victor Schœlcher, abolitionniste et républicain, Paris, Éditions Karthala, 2000, p. 105.[]
  24. Site du Sénat, dossier histoire de Victor Schœlcher, consulté le 23/06/2026[]
  25. « The chosen are chosen for all eternity, it is absurd to pray god to visit you with his salvation. You will have the salvation if you are of the chosen, if you are not you will not have it. Your prayers […] cannot alter a decree scelled before the world was created ». Note manuscrite de Schœlcher dans W. Cooper, The doctrine of predestination unto life, Boston, 1765, p. 26 (BnF, D2-14752).[]
  26. Victor Schœlcher, La famille, la propriété et le christianisme, Paris, Librairie de la bibliothèque démocratique, 1873 (BnF, R-50787).[]
  27. Ibid., p. 12.[]
  28. « how !! ». Note manuscrite de Schœlcher dans The doctrine of predestination unto life, p. 92 (BnF, D2-14752).[]
  29. Notes manuscrites dans le Formulaire d’Instruction chrétienne à l’usage des catéchumènes, p. 11, (BnF, D2-14766).[]
  30. « always : they may ! ». Note manuscrite dans The Foes of our fate and how to defeat them, p. 49 (BnF, D2-14766).[]
  31. « What can you know, you miserable atom, about the purpose of Providence ? And how, you poor man, do you dare to suppose that the manifest purpose of God was to people earth by incest ? […] with only Adam and Eve for generations of the human race, admit that their sons married their daughters ! », Ibid., p. 51.[]
  32. « When the text suits them they accept it litteraly but when it does not do they say it is a figure ! See what he says page 147 », Richard Whately, Scriputres revelation respecting godd and evil angels, London, J. W. Parker, 1851 (BnF, D2-14775).[]
  33. « This is in contradiction with what he says page 102 ». Ibid., p. 147.[]
  34. « The arguments of this pamphlet admirably written are irrefutable, the authour has proved is case, that what is called the church of England was founded by fied, thieves, tyrants, liars, hypocrites, and is the very reverse of a good religion », Richard Frederick Littledale, Innovations, a lecture delivered in the Assembly rooms, Liverpool, April 23rd, 1868, Oxford, A. R. Mowbray, 1868 (BnF, D2-14787).[]
  35. « Very well, but where is the goodness of your God ? », Whately, op. cit., p. 64.[]
  36. Victor Schœlcher, La Famille, la propriété et le christianisme, Paris, Librairie de la bibliothèque démocratique, 1873, p. 7 (BnF, R-50787).[]
  37. Ibid., p. 20.[]
  38. Ibid., p. 103.[]
  39. Ibid., p. 181.[]
  40. Site du Sénat, dossier histoire de Victor Schœlcher, consulté le 23/06/2026[]

Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons Attribution Utilisation non commerciale Pas d’Œuvre dérivée 4.0 International. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont “Tous droits réservés”, sauf mention contraire.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Sacha TABARY (22 juillet 2026). La bibliothèque de Victor Schœlcher à la BnF : reflet d’un siècle d’humanisme. L'Histoire à la BnF. Consulté le 15 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16luk


Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.